Sélectionner une page

Comme annoncé fin janvier, le CNRS lance, du 12 au 30 mars, une enquête auprès de l’ensemble de ses personnels permanents et contractuels afin d’accompagner et d’anticiper au mieux la mise en œuvre du télétravail. Florence Bouyer, référente nationale télétravail, explique en détail les objectifs de la démarche.

Quels sont les personnels concernés par l’enquête et comment vont-ils en être informés ?

Florence Bouyer. A partir du lundi 12 mars, chaque agent rémunéré par le CNRS recevra sur son adresse électronique (telle que renseignée dans Réséda), un message de la DRH contenant le lien vers l’enquête en français et en anglais. Ce questionnaire est anonyme et repose sur le volontariat, tout comme le sera le télétravail. Tous les agents qui souhaiteront, ou non, faire une demande de télétravail, sont invités à y répondre.

Pour les encadrants, une seconde enquête aura lieu entre le 9 et le 27 avril 2018. Si elle suit les mêmes principes que la précédente, sa diffusion sera néanmoins différente. En effet, nous devons nous adresser dans ce cas précis, à des acteurs (directeurs d’unité, responsables d’équipe ou de service) dont nous ne sommes pas nécessairement l’employeur, mais qui devront être des parties prenantes pour avis ou pour accord dans l’instruction des futures demandes de télétravail d’agents du CNRS.

Que répondez-vous aux syndicats qui demandent plus de concertation ?

Florence Bouyer. Comme on dit en sociologie de l’acteur : qui parle ? De quel point de vue se place-t-on ? Lorsque l’arrêté du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation est sorti après avis du Comité technique ministériel, le CNRS a immédiatement fait le choix d’opter pour un déploiement rapide du télétravail. L’établissement connait la situation de certains agents, subissant des conditions de trajet domicile/travail dégradées, et qui attendent la possibilité qui nous est donnée depuis le 3 novembre 2017, d’alléger leurs contraintes de mobilité.

Par ailleurs, l’arrêté étant sorti, il s’agit de rendre opérationnelle la loi au sein de notre établissement. Ce périmètre représente près de 33 000 agents permanents et contractuels pouvant faire une demande de télétravail à leur responsable.

N’étant pas les premiers à mettre en place ce dispositif, nous pouvons nous appuyer sur des expériences et des réflexions existantes. Le guide de la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) est extrêmement bien fait et permet de bien identifier les écueils à éviter. De même, l’expérience de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) est également une référence pour nous. Je tiens notamment à remercier Sylvie Inizan, Directrice des ressources humaines INRIA, qui nous a fait partager son expérience  sur la mise en oeuvre du télétravail dans cet établissement qui est un vrai succès.

L’agenda social a donc été construit pour que le 16 mai 2018 en Comité central d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CCHSCT) et le 31 mai 2018 en Comité technique, l’établissement puisse être juridiquement en ordre de marche pour permettre ce déploiement. Nous avons déjà tenu deux réunions techniques avec les organisations syndicales les 18 janvier et 27 février dernier, à l’issue desquelles nous avons remis un avant-projet de circulaire qui sera débattu selon les modalités que chacune déterminera. Il est prévu que le 4 avril 2018, ce projet de circulaire d’application puisse faire l’objet d’une séance de concertation approfondie avec les partenaires sociaux afin de trouver les compromis et les points d’équilibres qui permettront de concilier des points de vue syndicaux parfois différents. Bien entendu, tout au long du mois d’avril et jusqu’à l’examen en CCHSCT, nous resterons ouverts à rencontres bilatérales pour approfondir les échanges.

 

Comment envisagez-vous la mise en place du télétravail au CNRS ?

Il est certain que la mise en place du télétravail au CNRS revêt une ampleur particulière. Il s’agit en effet de mettre en place cette organisation du travail dans les délégations, au siège, dans les laboratoires, pour des agents qui travaillent en salle blanche, sur des plateformes technologiques, dans des unités qui répondent à des exigences de confinement, etc. Ceci explique peut-être pourquoi, à raison, les représentants du personnel sont vigilants sur le sujet. Le CNRS n’est pas une organisation du travail tout à fait comme les autres.

En parallèle du dialogue social qui a toute sa place, des interviews ont commencé avec les délégations régionales, en vue de la mise en œuvre concrète du dispositif : ce sont les délégations régionales qui recevront les demandes de télétravail des agents, renseignée de l’avis du responsable d’équipe/directeur d’unité. Ces interviews ont lieu en présence du ou de la délégué.e régional.e ainsi que du ou de la responsable des ressources humaines, responsable des systèmes d’information et ingénieur.e régional.e de prévention et de sécurité. De plus, des réunions régulières avec l’ensemble des services des ressources humaines permettent de maintenir au même niveau d’information, toutes les parties prenantes du projet. Une fois le dispositif juridique précisé, tout le réseau des responsables RH sera mobilisé lors d’un séminaire qui sera organisé fin mai.

Les attentes sont importantes, les acteurs sont nombreux. C’est une réforme d’ampleur pour les agents qui souhaiteront s’engager dans cette voie et je suis particulièrement heureuse de pouvoir l’accompagner.

 

Lire également

3 questions à la référente nationale télétravail

 

Illustration : Charlotte Selz