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Au sein du laboratoire L’information visuelle et textuelle en histoire de l’art : nouveaux terrains, corpus, outils (In Visu, USR3103, CNRS / INHA), l’apprentissage est devenu monnaie courante. Juliette Hueber, chargée de ressources documentaires et secrétaire de rédaction d’ABE journal, a accueilli, depuis 2014, en tant que maître d’apprentissage, trois apprentis. C’est le cas de Laura Olber, apprentie de 2015 à 2017 dans le cadre d’un master en Ingénierie éditoriale et communication, à l’Université de Cergy-Pontoise. Toutes deux ont accepté, pour l’InSHS, de revenir sur leur expérience.

Juliette Hueber, comment avez-vous eu connaissance de cette procédure ? Combien d’apprentis avez-vous déjà accueilli ?

Juliette Hueber –Notre laboratoire s’est interrogé sur la possibilité d’accueillir des apprentis et sur les procédures à suivre le jour où une étudiante en édition et communication nous a contactés pour nous demander de faire son apprentissage au sein de notre structure. Nous avons ainsi accueilli cinq apprentis et j’ai moi-même été maître d’apprentissage de trois apprentis.

Laura Olber, comment avez-vous été recrutée ? s’agit-il d’une démarche individuelle auprès du laboratoire ou via la formation à laquelle vous étiez inscrite ?

Laura Olber –J’ai découvert l’annonce postée par le laboratoire inVisu sur le site de l’Asfored — centre de formation des métiers de l’édition, de la presse et de la communication — qui s’occupe de diffuser des offres d’emploi pour le secteur du livre. Cela s’est fait dès janvier, bien avant mon inscription en master.

Êtes-vous satisfaites de cette expérience, quels sont les points positifs et éventuellement négatifs ?

Juliette Hueber –Le laboratoire est extrêmement satisfait de ces différentes expériences et, à titre personnel, je trouve cela très enrichissant. J’encadre des apprentis en master que je suis donc sur deux années, ce qui me permet de les voir profondément évoluer et acquérir une maîtrise des procédures et un savoir-faire original par rapport à ce qui est enseigné dans les masters.

Les apprentis n’étant pas des employés sous-payés mais des étudiants qui complètent leur formation au sein d’une structure professionnelle, leur encadrement et leur accompagnement demandent que l’on y consacre du temps. C’est parfois chronophage mais cela s’est toujours avéré positif au sein de notre laboratoire. L’édition scientifique étant un aspect de l’édition qui n’est pas abordé dans les formations, j’ai ainsi réellement pu transmettre un savoir original aux apprenties que j’ai encadrées. De même, cela semble bénéfique au CNRs car nous formons les apprenties à la culture de cette institution et certaines d’entre elles ont ainsi décidé de passer les concours.

Un autre point très positif, mais qui exige beaucoup d’investissement, est que la présence d’un apprenti implique d’expliciter un flux de travail qui amène parfois au questionnement de ses propres pratiques. En bref, je pense que pour bien encadrer un apprenti, il faut non seulement maîtriser son poste mais aussi accepter de se remettre en question et adapter ses pratiques si nécessaire.
Les éléments négatifs semblent inhérents à une procédure de recrutement ; en effet, les démarches à faire prennent beaucoup de temps et sont à répéter à chaque nouvelle demande.
Laura Olber – Pour ma part, je suis extrêmement satisfaite de cette expérience. J’ai découvert une nouvelle facette de mon métier, l’édition scientifique publique, pour laquelle je me suis passionnée. C’est un écosystème très différent du secteur privé, qui n’est pas abordé en cours. J’ai acquis une culture scientifique, des compétences sur des outils très spécifiques et un regard neuf sur le métier que j’ai choisi. Par ailleurs, j’ai eu la chance d’être très bien encadrée par ma maître d’apprentissage et d’évoluer au sein d’une équipe plus que bienveillante, ce qui a contribué à faire de cet apprentissage une expérience réussie. Toutefois, l’alternance en master demande énormément d’investissement sur deux années. il faut se consacrer avec autant d’énergie au laboratoire et aux cours. C’est un rythme difficile à tenir, mais une expérience totalement enrichissante.

Quelles difficultés particulières avez-vous rencontré ?

Juliette Hueber –J’ai rencontré des difficultés pratiques et administratives. Mais, avec les apprenties elles-mêmes, cela s’est toujours bien passé.

Laura Olber, quelles sont vos perspectives professionnelles à l’issue du contrat d’apprentissage ?

Laura Olber – suite à ce contrat d’apprentissage, j’ai décidé de passer le concours du CNRS. La perspective de pouvoir continuer à évoluer dans le secteur scientifique, de contribuer à la diffusion des résultats de la recherche, m’intéresse énormément.

Propos recueillis par Michèle Dassa pour la lettre de l’InSHS n°50