Sélectionner une page

Créé en 2017, le réseau de spéléologues rassemble aujourd’hui environ 240 personnes. Entretien avec Gael Monvoisin, Alexandre Zappelli et Stéphane Jaillet, porteurs du réseau.

 

Qui sont les membres de votre réseau et quels sont leurs métiers ?

Le réseau de métiers CNRS Milieux Souterrains et Karst (MSK) regroupe aujourd’hui environ 240 scientifiques français de divers domaines, géologues, hydrologues, géomorphologues, géochimistes, archéologues, biologistes, etc. Il touche les acteurs de tous les milieux souterrains, naturels – grottes ou tunnels de lave – ou artificiels – carrières ou mines. Il rassemble aussi des personnels scientifiques extérieurs au CNRS, unités mixtes de recherche d’universités, EPIC tels que le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), l’Institut national de recherche archéologiques préventives (INRAP), le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), des collectivités territoriales et des parcs naturels. Ce réseau de métiers répond à des questions d’approches techniques et pratiques de la science souterraine, instrumentation, mesures en continu, observation, accès, réglementation ou sécurité, et intéresse aussi bien des personnels techniques que des chercheurs et chercheuses.

 

Quelle est l’histoire de votre réseau ?

C’est un tout jeune réseau puisqu’il est né en 2017 de la rencontre de trois passionnés de spéléologie, tous 3 ingénieurs CNRS, faisant le constat de l’absence de structure centralisée autour des milieux souterrains au niveau du CNRS. Une enquête rapide auprès de la communauté scientifique a donné un taux de réponse important en un mois (82 retours de 26 laboratoires CNRS émargeant aux instituts INSU, INEE et INSHS, plus 11 structures et EPIC extérieurs au CNRS), avec une demande forte pour la création d’un groupe pouvant réunir les acteurs des milieux souterrains autour de problèmes pratiques et techniques.

Une première rencontre en juin 2018 a permis de mettre en évidence une demande de réponses à des questions autour du monitoring et de l’instrumentation souterraine ainsi que de la réglementation et la sécurité des acteurs et actrices des milieux souterrains. À la suite de quoi un groupe de travail s’est attelé à rédiger une note de cadrage des activités souterraines (qui sera présentée au CNRS en 2020) et a monté une première action nationale de formation (ANF) en octobre 2019 : 21 scientifiques ont été réunis pendant une semaine en Ardèche autour des capteurs et de centrales d’acquisition mesurant des paramètres aériens, hydrologiques ou permettant de réaliser des traçages de circulations d’eau souterraines, le tout axé autour des développements de capteurs bas-coûts, de l’utilisation fine des capteurs commerciaux ou des traitements et critiques des données récupérées.

De nombreux autres projets sont en cours ou en préparation et le nombre de membres du réseau ne cesse d’augmenter montrant un réel besoin de cette structure. Pari réussi donc.

 

Quel est le fonctionnement du réseau ?

Le réseau MSK est coordonné par un comité de pilotage de 6 personnes regroupant des ingénieurs CNRS, des chercheurs d’UMR CNRS et une chercheuse du BRGM. Ce comité de pilotage organise les ateliers annuels de rencontres thématiques et prépare les futures ANF : l’une en 2021 autour de la topographie et de l’imagerie souterraine en 3D pour la documentation de cavités, et l’autre en 2022 ou 2023 autour des techniques de prélèvements souterrains – qui représentent un très gros travail. Le réseau MSK est soutenu depuis deux ans par les 3 instituts concernés (INSU, INEE et INSHS), qui financent les activités du réseau.

Ce qui est très motivant et qui montre comme ce réseau a sa place au sein des activités du CNRS, c’est de voir des projets se monter autour des personnels impliqués, des collaborations naissantes entre les membres et d’avoir uniquement des retours positifs depuis le début. De plus, nous sommes sollicités par les tutelles pour présenter les activités de ce réseau, ce qui valorise les actions déjà menées et met en lumière les besoins auxquels répond ce réseau de métiers interdisciplinaires.

Enfin, ce réseau travaille en concertation avec l’infrastructure de recherche OZCAR et le service national d’observation (SNO) Karst qui sont les deux structures traitant les aspects plus spécifiquement scientifiques autour des milieux souterrains.

Pour faire vivre et animer ce réseau, nous avons encore quelques actions à mener mais déjà un site internet dédié existe (http://msk.cnrs.fr/) et une mailing list est en cours de finalisation. Bientôt un forum de discussions sera accessible.

 

Comment vous rejoindre ?

Pour participer à ce réseau de métiers, il suffit d’envoyer un message à gael.monvoisin@universite-paris-saclay.fr pour être ajouté à la mailing list et être tenu au courant des activités ou en proposer. Les personnes recensées dans la mailing list reçoivent des informations ponctuelles pour exposer les avancées et projets du réseau, ainsi que les rendez-vous passés et à venir.

 

Crédits image : Stéphane Jaillet pendant l’ANF Instrumentations et Mesures en Milieux Souterrains du réseau de métiers CNRS Milieux Souterrains et Karst