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Proposé et désigné par le directeur de sa structure, l’assistant de prévention gère, en parallèle de sa fonction, la prévention des risques susceptibles de compromettre la santé et la sécurité des agents, l’amélioration des méthodes et du milieu du travail et l’approfondissement de la connaissance des problèmes de sécurité et de leur résolution. Interview de Thibault Vacelet, assistant de prévention au Laboratoire d’études du rayonnement et de la matière en astrophysique et atmosphères (LERMA)*, situé à Paris.

 

Bonjour, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Thibaut Vacelet, je suis assistant ingénieur en instrumentation et techniques expérimentales au CNRS depuis une dizaine d’années et Assistant de Prévention (AP) depuis cinq ans déjà. Dans le cadre de mon travail au LERMA, je m’occupe de la micro-intégration de composant Terra-hertz pour le spatial.

Concernant le statut je pense qu’un rappel est toujours utile : un assistant de prévention est nommé par le directeur d’unité, donc à chaque changement de direction la nomination doit être renouvelée et être accompagnée par une nouvelle lettre de cadrage. Ce document définit la fonction qui consiste à aider le directeur pour tout ce qui concerne l’hygiène et la sécurité au travail. Il définit aussi le temps à consacrer à cette fonction, car un assistant de prévention doit concilier cette charge de travail avec sa fonction initiale.

Comment êtes-vous devenu assistant de prévention ? Quelles étaient vos motivations ?

Lorsque l’ancien assistant de prévention du laboratoire est parti en mobilité, il m’a demandé si la mission m’intéressait. Pour être entièrement franc, j’étais plutôt réticent au vu du temps que pouvait lui prendre certains « dossiers », notamment la rédaction du document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) qui me semblait être un travail vraiment long et complexe.

Mon prédécesseur a fini par me convaincre et, j’ai pu bénéficier, grâce à sa présence et à l’accord de la direction, d’une passation de fonction en douceur. En outre, son travail était rigoureux et très documenté : je me suis donc appuyé sur des bases solides.

Concernant mes motivations, le travail est intéressant, varié et enrichissant. En tant qu’assistant de prévention du CNRS, une prime est versée pour ce travail supplémentaire.

Être assistant de prévention, cela signifie quoi pour vous ? En quoi consiste cette activité ?

Pour moi cela signifie être au service du directeur et de tous les agents. Techniquement cela passe par l’accueil et l’information des nouveaux arrivants et un travail de rappel pour les autres, la mise à jour du fameux « DUERP » – Document unique d’évaluation des risques professionnels – et d’autres documents, le suivi des maintenances périodiques obligatoires, le recensement des formations effectuées liées à l’hygiène et sécurité… jusqu’à la mise à disposition des trousses à pharmacie.

Par exemple la prévention des risques psychosociaux, outre l’information, évidemment, passe beaucoup par le dialogue. Le dialogue permet de prendre des nouvelles, pour que les agents se sentent écoutés, alerter les responsables si besoin… bref, il s’agit d’une mission très riche.

Comment avez-vous été formé pour exercer cette mission ?

En plus d’une formation reçue de l’ancien AP, la nomination est obligatoirement postérieure au suivi d’une formation initiale de six jours. Cette formation est par la suite enrichie par des réunions d’information, organisées, par exemple, par la délégation régionale, permettant de mettre en place de nouveaux outils comme la fiche individuelle d’exposition et d’être informé de l’évolution de la réglementation.

Comment pourriez-vous résumer votre expérience d’assistant de prévention ?

Comme beaucoup de laboratoires, nous sommes installés dans de vieux locaux et les ambiances thermiques sont souvent difficiles à supporter. J’ai réalisé plusieurs campagnes de mesure de température dans les bureaux et laboratoires. Pour les bureaux, cela a permis d’avoir des données pour appuyer les demandes d’aménagement. Cela a aussi permis pour le laboratoire, d’identifier un problème de câblage d’un aérateur dans des locaux adjacents. En étudiant les mesures, j’ai tout d’abord pensé à un risque incendie, l’appareil aspirait de l’air frais et soufflait l’été de l’air plus chaud dans les locaux ; filtres bouchés, moteur défectueux… Après avoir prévenu les services compétents, il s’est avéré que l’appareil pouvait aussi faire office de chauffage, mais les branchements avaient été inversés… ne chauffant pas l’hiver et surchauffant l’été ! Cette situation durait depuis plus de dix ans !

Je pense qu’il s’agit d’une mission très intéressante, variée et enrichissante. Par contre, si votre laboratoire n’est pas très à jour côté documentation, cette mission peut vous prendre beaucoup de temps, il faut le savoir.

Si vous avez un bon sens relationnel pour établir des dialogues constructifs avec la direction et les agents et si vous êtes intéressé par une fonction transverse, cette mission est faite pour vous.

Nous sommes habituellement reconduits au fil des changements de direction, mais si cette mission vous intéresse, je vous conseille de vous faire connaitre auprès de votre AP. Certains souhaitent pouvoir passer la main après quelques années, et même si ce n’est pas le cas, et je pense parler au nom de tous, nous sommes toujours heureux d’avoir un peu d’aide.

Merci beaucoup !

 

Le rôle des AP s’inscrit d’autre part dans un dispositif plus large, au service d’une politique de prévention des risques professionnels mis en œuvre au CNRS de longue date.

La coordination nationale de prévention (CNPS), conseille la gouvernance sur tous les sujets concernant les risques professionnels, en concertation étroite avec la coordination nationale de médecine de prévention (CNMP). Ces deux coordinations ont, entre autres, en charge l’animation respective du réseau des 18 ingénieurs régionaux prévention (IRPS) et du réseau des 18 médecins animateurs régionaux (MPAR), placés dans chacune des délégations régionales.

Ainsi, les 1900 AP du CNRS, œuvrant dans les 1100 unités de notre établissement, sont le relai majeur et essentiel des actions de prévention précisées annuellement dans un programme national, et par ailleurs concertées dans le cadre du dialogue social par les instances consultatives spécialisées en la matière que sont le CHSCT “central” (CCHSCT) et les 18 CHSCT “région”.

 

* Le LERMA (Laboratoire d’Etudes du Rayonnement et de la Matière en Astrophysique et Atmosphères) est une unité mixte de recherche (UMR 8112) commune au CNRS et à 3 établissements d’enseignement supérieur : l’Observatoire de Paris (OP), Sorbonne Université (SU) et l’Université de Cergy-Pontoise (UCP). Ces 3 établissements hébergent les différentes composantes du LERMA.

 

Crédits images : © Cyril FRESILLON/LEGI/CNRS Photothèque