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En novembre, le Comité hygiène, sécurité et conditions de travail (CHSCT) et le Comité technique (CT) de l’établissement examineront le bilan du télétravail au CNRS, un rapport qui sera communiqué aux agents début 2020. Suite à l’enquête menée auprès de l’ensemble des personnels pour évaluer le dispositif, Florence Bouyer, référente nationale télétravail, présente les premiers résultats.

 

La première année de télétravail se terminera prochainement pour les agents qui ont débuté en janvier 2019. Quel bilan en tirez-vous ?

Nous en tirons un bilan très positif à tout point de vue. Qu’il s’agisse des près de 3 000 agents au total en 2019 qui bénéficient de cette nouvelle condition de travail, comme des quelque 1 000 encadrants de télétravailleurs, ainsi que de l’établissement en tant qu’employeur, le bilan montre que c’est une mesure qui réintroduit de la sérénité dans le travail y compris sur le lieu d’affectation et donc de l’efficacité.

Nous avons identifié quelques points d’amélioration notamment sur le télétravail occasionnel qui fera partie des sujets de l’année 2020 avec celui de l’accès aux tiers lieux pour les agents qui n’ont pas la possibilité de télétravailler à domicile.

Le bilan détaillé ainsi que l’enquête auprès des agents et des managers qui a été lancée en juin dernier sera présentée en janvier prochain aux agents, après avoir été examinée par les instances du dialogue social de l’établissement compétentes en la matière.

D’ici là et à partir de fin octobre, les premières demandes de renouvellement auront lieu pour les quelque 1 900 agents en télétravail depuis janvier 2019.

Les résultats de l’enquête à laquelle plus d’un télétravailleur sur deux a répondu laissent supposer que 80% des demandes seront renouvelées à l’identique.

 

Toutes les demandes seront-elles renouvelées ?

La demande de télétravail est un droit mais pas l’autorisation. Tel que mis en place par le décret du 11 février 2016 et l’arrêté de 2017, le télétravail ne s’impose à personne ni même à l’encadrant ou au directeur de la structure.

Les demandes de renouvellement doivent avoir été mûrement réfléchies et préparées avec soin, notamment par un entretien indispensable avec le responsable.

J’en profite pour rappeler qu’il appartient à l’employeur d’autoriser le télétravail au cas par cas, sur demande de l’agent, au regard de plusieurs critères. Il « apprécie la compatibilité de la demande avec la nature des activités exercées, l’intérêt du service ». Trois critères sont pris en compte lors de la décision d’autoriser ou non le télétravail :

  • La nature et le volume des activités sollicitées sont-elles cohérentes avec la demande ?
  • L’agent est-il suffisamment autonome pour pouvoir les accomplir en télétravail ?
  • L’exercice du télétravail de l’agent est-il compatible avec l’organisation du travail collectif du service ou du laboratoire ?

 

Le CNRS fera-t-il évoluer le nombre de jours possibles de télétravail ?

Comme les « Lignes directrices télétravail » le mentionnent, une préconisation a été faite la première année de mise en œuvre sur 1 journée tandis que le décret fonction publique autorise jusqu’à 3 jours.

Par ailleurs, l’autorisation de télétravail reste toujours un accord entre deux parties. Il va donc sans dire qu’un contexte spécifique local, un fonctionnement du collectif qui a intégré le télétravail, une parfaite relation de confiance avec la hiérarchie, sont autant de situations qui pourraient faire évoluer les quotités de télétravail pour les 20 % d’agents estimés qui pourraient en exprimer le besoin.

L’accord entre les deux parties sur une demande de télétravail, qui résultera de l’entretien, peut correspondre totalement ou partiellement à la demande initiale. La quotité, la durée, l’activité, , sont autant de sujets qui peuvent être discutés et conduire à une reformulation de la demande initiale permettant néanmoins d’accéder à la demande de télétravail de l’agent.

 

Comment se passeront les demandes de renouvellement de télétravail par rapport aux premières demandes ?

Le renouvellement d’autorisation est à prévoir par l’agent deux mois avant la date d’effet de la nouvelle décision – les SRH ne feront pas de rappel aux agents, c’est à eux d’anticiper la demande, comme pour toute autre démarche administrative.

En revanche, les premières autorisations fonctionnent encore en campagne de démarrage (1er janvier, 1er mai, 1er septembre) même si les demandes peuvent être déposées dans Ariane à tout moment. Tout est écrit dans chaque formulaire Ariane (1re demande / Renouvellement).

 

Les encadrants sont-ils prêts à aller vers le renouvellement des demandes de télétravail de leurs agents ? Quels sont les enseignements de l’enquête ?

500 encadrants ont répondu à l’enquête sur une estimation d’un millier d’encadrants de télétravailleurs soit 50% de taux de réponse. À 90 % satisfaits par la mise en place du télétravail, ils nous livrent leur vision du dispositif :

  • Plus des deux tiers (67 %) des encadrants d’agents en télétravail n’ont pas eu à modifier l’organisation du travail de leur équipe/service.
  • Dans 80 % des situations, le télétravail ne modifie pas les activités des agents.
  • Même si 85 % des encadrants pensent que le suivi du télétravail ne demande pas de dispositif particulier, dans les faits, ils sont 66 % à avoir proposé un entretien aux agents concernés.

Ainsi, outre la réaffirmation de l’importance de la fiche de poste, des agendas électroniques et du travail sur dossiers communs déposés sur un serveur partagé à distance en mode VPN, deux types de suivis spécifiques au télétravail sont identifiés par ces encadrants : le suivi des relations entre les agents en télétravail et ceux qui ne le pratiquent pas, d’une part, et le suivi des activités télétravaillées d’autre part.

 

Quelles sont les recommandations des encadrants pour améliorer le suivi du télétravail et la cohésion de leur équipe ?

Dans le premier cas, les encadrants recommandent des réunions régulières du collectif de travail pour améliorer si nécessaire le fonctionnement du collectif et anticiper les défauts de communication entre les agents.

Dans le second cas, les encadrants mettent en place des points d’avancement particulier à l’activité télétravaillée, sur un rythme mensuel ou trimestriel dans la majorité des propositions.

Il semble que ces propositions puissent être intégrées aux bonnes pratiques managériales en matière de télétravail. De même, les modifications d’organisation identifiées par un tiers des encadrants répondants, peuvent être associées à ces bonnes pratiques :

  • Amélioration de la communication,
  • Utilisation d’outils collaboratifs,
  • Anticipation/description/planification des activités pour maintenir la continuité du service,
  • Adaptation au collectif dans son ensemble, des jours de réunion d’équipe.

A ces 6 propositions, largement reprises dans les 10 pages de réponses libres des 250 encadrants, à la question « Quelles bonnes pratiques recommanderiez-vous en matière d’organisation du télétravail ? », s’ajoutent les bonnes pratiques suivantes :

  • Choisir les jours de télétravail
  • Faire de la pédagogie et rappeler les règles
  • Maintenir le lien
  • Trouver le bon équilibre
  • S’organiser pour maintenir la cohésion d’équipe dans son ensemble
  • Donner de la souplesse
  • Se former en tant qu’encadrant
  • Fonctionner en mode projet

 

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