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Au cours des mois de mars et avril, le CNRS a lancé 2 enquêtes sur le télétravail, l’une auprès de ses agents, l’autre pour l’encadrement. Plus de 10 000 personnes ont ainsi renseigné la trentaine de questions qui leur a été posée tout en s’exprimant librement sur certains points. Florence Bouyer, référente nationale télétravail, livre les premiers résultats.

Le télétravail au CNRS, c’est pour quand ?

Après plusieurs mois de dialogue social soutenu, grâce au vote positif du Comité technique de l’établissement le 31 mai dernier, les premiers télétravailleurs pourront démarrer leur période d’adaptation au 1er janvier 2019.

Après 5 mois de comparaison des dispositifs existant dans le secteur privé ou public, de la recherche ou dans d’autres secteurs, mais aussi d’enquête auprès de nos personnels et de dialogue social, il nous reste maintenant 7 mois pour finaliser une mise en œuvre opérationnelle dans de bonnes conditions.

Les délégations régionales présenteront les lignes directrices relatives au télétravail au CNRS aux directeurs d’unité (DU) puis aux agents de leur circonscription.

 

Comment le télétravail sera-t-il mis en place dans les laboratoires ?

Les DU et les responsables d’équipe ou de services sont des acteurs incontournables à la réussite du télétravail. Après leur avoir adressé une enquête spécifique, nous les informerons et sensibiliserons sur les conditions de mise en œuvre.

Par exemple, dans le but de préserver la dimension collective de l’organisation du travail, nous laisserons les unités choisir les 2 jours non ouverts au télétravail qui permettront de préserver les réunions collectives mais aussi les moments de convivialité et d’échanges informels.

 

Vous avez évoqué les enquêtes auprès des agents CNRS et des encadrants, pouvez-vous en dire plus à ce sujet ?

Je tiens tout d’abord à remercier les 8 500 agents CNRS et les 2 000 encadrants, dont un tiers de personnels non CNRS, qui ont répondu à nos enquêtes en mars-avril. Les réponses nous donnent certaines estimations comme le nombre de personnes intéressées par les réunions d’information dans les délégations, ou encore le nombre de personnes qui n’ont pas d’équipement portable de travail.

Ces enquêtes nous ont également indiqué le niveau de sensibilisation des encadrants à l’équipement informatique de leurs équipes : accès VPN, applications sur serveur sécurisé en https…, il est de la responsabilité du CNRS de sécuriser les matériels, notamment en cas de perte ou de vol.

 

Et au-delà des aspects d’équipement, en quoi les enquêtes ont-elles été utiles à l’établissement ?

Sur la base du volontariat, le télétravail s’adresse à tous ! C’est ce qu’ont parfaitement compris les plus de 2 000 chercheurs et 4 000 ingénieurs et techniciens ayant indiqué souhaiter télétravailler, autant d’hommes que de femmes, soit précisément 6 631 personnes.

Une nette majorité d’agents du CNRS déclare souhaiter télétravailler en majorité un jour par semaine et plutôt le mercredi ou le vendredi, tout comme le souhaitent également les 1 914 encadrants d’agents CNRS ayant répondu à la seconde enquête.

L’allègement de pénibilité des trajets domicile/travail est le premier motif avancé pour souhaiter télétravailler. C’est tout particulièrement le cas de la quasi-moitié des répondants qui ont plus de 45 minutes de temps de trajet entre leur lieu de travail et leur domicile, soit 1 h 30 de transport par jour.

Les encadrants ont conscience de l’intérêt de cette nouvelle modalité d’organisation du travail pour renforcer l’attractivité de leur structure. D’ailleurs, 60 % d’entre eux pratiquent d’ores et déjà une forme d’encadrement à distance, de temps en temps avec certains agents. Néanmoins, la mise en œuvre du télétravail revêt un caractère règlementaire dans le cadre d’un décret fonction publique. Il est donc de notre responsabilité de conseiller aux DU de sensibiliser leurs responsables d’équipe en organisant en amont des demandes individuelles de télétravail, une réunion sur les activités de l’équipe télétravaillables ou non au sein du service ou de l’unité. Cela permettra de partager de façon transparente et collective une compréhension objective et partagée du travail réel.

 

Quel sera le coût pour le CNRS ?

Dispositif fondé sur le volontariat afin d’améliorer l’articulation vie privée/vie professionnelle, la mise en place du télétravail au CNRS suppose des acquisitions de matériels, la mise en place de formation, demain, ce seront des tiers-lieux, des espace de co-working et donc des coûts importants pour le CNRS.

En effet, c’est à l’employeur de prendre en charge les frais découlant directement de la mise en place du télétravail. Le CNRS devra donc fournir un équipement informatique portable aux agents qui n’en bénéficient pas encore.

D’ici la fin du mois d’août, une version provisoire du « Guide opérationnel télétravail » qui contiendra un comparateur des équipements possibles pour télétravailler sera transmise aux DU.

 

Et pour quand est prévue la version définitive du « Guide télétravail » ?

Le guide définitif sera publié après présentation aux organisations syndicales. Sa rédaction fait aussi intervenir de nombreuses validations dont celle du responsable de la sécurité des systèmes d’information et du fonctionnaire sécurité défense du CNRS.

Ainsi, le calendrier de l’automne se déroulera en commençant, courant octobre, par l’ouverture des demandes de télétravail. Les réponses autorisant ou refusant les demandes interviendront quant à elles courant décembre.

Entre temps, en novembre, les responsables d’agents du CNRS qui auront fait une demande de télétravail seront prioritaires pour accéder à la formation que la Direction des ressources humaines organisera sur les aspects de continuité de service, cohésion d’équipe, analyse du travail réel et posture de confiance/contrôle, requis par une telle organisation du travail.

Le CNRS mettra donc à disposition des agents début octobre le guide télétravail dans sa version définitive pour la première année de mise en œuvre.

 

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